La tentation est forte de répliquer « Lapalice ! » à maître Lao Tseu. Et pourtant…

 

Vous est-il déjà arrivé de ne pas savoir par où commencer un projet (généralement un gros projet) ?
De vous sentir perdu.e devant la quantité de choses à penser et à faire pour mener ce projet à bien ?
Au point d’être comme tétanisé.e à l’idée de vous lancer, parce que soudain vous ne savez plus par où démarrer ?

 

C’est exactement ce qu’il s’est passé pour moi quand il a fallu écrire le premier article de ce blog.

 

Réfléchir à mon projet, créer le site, travailler sur son identité visuelle : toutes ces étapes de préparation ont été faites sans trop de difficultés, même si certaines ont pu être un peu laborieuses (ah, les joies des RGPD et des cookies…)
Pourtant, arrivée à l’étape de rédiger le premier article : le vertige !
Des idées d’articles, j’en ai des dizaines déjà notées dans mon carnet préparatoire. Il y a tant de choses que je veux dire, transmettre. Tant de chemins à ouvrir.

 

Mais justement : par quoi commencer ?

 

Je me suis sentie perdue…
C’est alors qu’une idée s’est imposée : « Bouge ton cul et plonge ! » (Comment ça, je suis loin de rivaliser avec Lao Tseu pour ce qui est des formulations poétiques ?)
Et c’est bien là la meilleure chose à faire, je crois.

 

À la question très commune chez les jeunes auteurices : « Par quoi est-ce que je dois commencer pour écrire un roman ? », il y a deux réponses, comme à toutes les questions.

 

Des réponses savantes, il y en a plein le Net. Vous pouvez les tester et choisir d’en suivre l’une ou l’autre, selon celle qui vous inspirera.
De tous les témoignages d’auteurices que j’ai pu entendre et lire au fil des ans, j’ai acquis une seule conviction : il n’y a pas de réponse savante absolue à cette question.

 

La réponse sur laquelle j’aimerais par contre m’attarder aujourd’hui, c’est celle de la poétesse.

 

Pour écrire un roman, il faut commencer par faire un premier pas.
Puis un autre, et encore un autre.

 

Écrire un roman est une tâche de grande ampleur et de longue haleine, à l’image du voyage de mille lieues de Lao Tseu.
Il est normal que, alors que nous nous trouvons sur le seuil de la porte, cela nous fasse peur.
Pourtant, il ne faut pas avoir peur.

 

Et le meilleur moyen pour dépasser cette peur, c’est de faire un premier pas.
N’importe lequel.
Écrire la première scène du roman. Ou la dernière. Dresser une fiche de personnage. Ou prendre des notes sur notre intrigue.

 

Un premier pas, n’importe lequel. Ça n’a pas d’importance. Vraiment.

 

Oser écrire les premiers mots

Osez le premier pas…

 

Ce qui est important, c’est de trouver un premier pas facile à faire. Un premier pas qui nous aidera à dépasser le vertige que l’on ressent à l’idée de nous lancer dans cette grande aventure.

 

Et si ce premier pas ne suffit pas, il faut en faire un deuxième. N’importe lequel, une fois encore.
Celui qui nous inspire le plus.
Puis un troisième.
Et un quatrième…
Jusqu’à ce que la route s’ouvre enfin devant nous, que les questions s’estompent et que l’horizon nous appelle.

 

Cette question du commencement, je me la suis aussi posée récemment sous un autre angle : Pourquoi n’ai-je eu aucune hésitation quand je me suis lancée dans l’écriture de mon premier roman (ou de mes projets de jeunesse avortés) ?
Alors qu’aujourd’hui je ressens ce vertige, cette paralysie, quand je songe au deuxième roman que je compte bientôt écrire ?

 

La réponse de la poétesse pourrait être « la naïveté préserve de la peur ».

 

Dit autrement, avec les mots de la savante : c’est la technique qui me bloque.
Soyons clairs, je ne renie nullement ce que j’énonce sur la page d’accueil de ce blog, à savoir que « la technique rend libre ». Mais la liberté peut faire peur.

 

Toute la technique que j’ai apprise ces dernières années a fait disparaître ma naïveté d’autrice débutante.

 

Écrire un roman (un bon roman), ce n’est pas juste enchaîner les scènes les unes aux autres telles qu’elles me viennent à l’esprit.

 

Écrire un roman, c’est travailler mes personnages, leurs raisons d’agir, leurs convictions, leur évolution, leur résonnance ; c’est travailler mon intrigue, son rythme, sa cohérence, y traquer les facilités ; c’est travailler mon univers, sa richesse, son intérêt, sa crédibilité ; c’est trouver la meilleure forme, le meilleur point de vue pour transcrire mon histoire au plus proche de celle qui vit dans ma tête.

 

Écrire un bon roman, c’est arriver à assembler tous ces éléments de la manière la plus organique possible. Pour en faire un tout unique, vivant, à même de se révéler par lui-même et de me faire comprendre l’histoire qu’inconsciemment j’ai toujours voulu écrire.

 

En démarrant mon premier roman, je n’avais pas conscience de tout ça. 

 

Aujourd’hui, pour le deuxième, j’aimerais être capable de ne pas (plus) avoir besoin de cinq versions pour atteindre ne serait-ce que le mot FIN de mon premier jet (sans parler des corrections ensuite).
Mais du coup, je me mets une pression énorme pour appliquer tout ce que j’ai appris.

 

Une pression paralysante.

 

Et j’envie la naïveté bienheureuse des arpenteureuses débutant.es.

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